Suisse - Laissée sans soins, une chienne briarde est euthanasiée
«La chienne ne tenait pas debout, il fallait la porter. Elle était d'une maigreur inimaginable, 23 kg, soit la moitié du poids d'une femelle briard adulte», décrit la vétérinaire qui a examiné la bête amenée à son cabinet par la SPA. «Cette chienne a dû avoir très faim et ceci depuis longtemps. Elle a dû souffrir énormément.» Décision a été prise début juin de l'euthanasier Il n'y avait plus d'autre solution. Elle devait avoir 10 ou 12 ans. Elle s'appelait Anaïs.
En vertu de la Loi sur la protection des animaux, la SPA a déposé une plainte pénale pour mauvais traitements contre le propriétaire de cette chienne. L'affaire est en main de la police, pour enquête préalable, nous a confirmé le procureur général.
A l'évidence, cette chienne briarde a souffert très longtemps. C'est déjà en janvier de cette année que la Société genevoise pour la protection des animaux (SPA) a été saisie d'une dénonciation. On lui indiquait que cette bête était attachée nuit et jour dans les restes d'une maison en ruine, détruite par un incendie. A vue de nez, elle n'était ni nourrie, ni abreuvée, si ce n'est peut-être par des personnes des environs.
Mi-février, la directrice de la SPA, chargée des enquêtes de l'institution, se rend sur place. Elle découvre la chienne émergeant des fondations de la maison, entravée dans ses mouvements. Elle n'a pu s'approcher de l'animal en raison des clôtures. Elle téléphone alors au propriétaire des lieux qui lui raccroche au nez après lui avoir dit qu'il «faisait ce qu'il voulait avec sa chienne».
Acculé, il apporte sa chienne à la SPA
L'Office vétérinaire cantonal (OVC) est alors informé des faits. Il aurait alors demandé au propriétaire de remédier à la situation. Jusqu'à fin mai, la SPA est allée régulièrement sur les lieux sans constater le moindre changement. Le 1er juin enfin, le propriétaire lui-même arrive à la SPA avec sa chienne, déclarant avoir été mis en demeure par l'OVC de prendre des mesures mais ne plus savoir quoi faire, sinon abandonner Anaïs.
Elle ne tenait pas debout, ne pouvait même pas manger, a vomi l'eau qu'elle a bue. Ses ongles étaient immenses, le poil tout noué. Elle souffrait d'une insuffisance rénale avancée, d'une anémie marquée. Il fallait, raconte la présidente de la SPA, Frédérique Flournoy, mettre fin à ses souffrances. «Un cas extrêmement pénible qui démontre que ce monsieur n'est pas en mesure de détenir un chien en respectant les principes élémentaires de l'Ordonnance fédérale.» Celle-ci décrit précisément les conditions de détention d'un animal, d'alimentation et de soins indispensables.
L'OVC a confirmé avoir, de son côté, ouvert une enquête, actuellement en cours.
Il reçoit 100 à 120 plaintes par an pour maltraitance envers les animaux (pas seulement les chiens), que cela relève d'actes intentionnels ou par négligence